Interview Thomas Burbidge

#8 Thomas Burbidge - Créateurs de contenus pédagogiques pour ndépendants

Pour Thomas, notre pouvoir se trouve dans l’espace entre la stimulation et la réaction

Être à l’écoute au plus profond de soi est primordial pour lui. Ce que j’aime chez Thomas c’est qu’il sait prendre du recul dans son avancée.

Alors c’est parti ! Bonne lecture !

MOI : “Salut Thomas, merci d’avoir répondu positivement à mon invitation d’interview.

Tout d’abord avant de rentrer dans le vif du sujet, est-ce que tu peux te présenter en quelques mots auprès de mes abonnés ? Dire qui tu es, qu’est-ce que tu fais ?”

THOMAS : “Hello, ce que je dis en ce moment, c’est que je me suis pris de passion de comprendre tous les différents petits nœuds, tous les différents petits sujets qui ont un impact sur le développement d’une activité indépendante et essayer de décortiquer cette boule là, tu vois. Genre, comme si c’était une énorme pelote de laine et moi, mon taf c’est essayé de la dérouler et ensuite pouvoir montrer des voies par lesquelles on peut rentrer dedans et ensuite pouvoir l’analyser..

Donc j’aime bien voir les choses sous cet angle là. C’est le sujet d’ Inside Freelancing évidemment avec la communauté. Et en gros l’idée c’est, comment je le regroupe avec tout.  C’est créer des contenus et des événements pédagogiques et transformationnels.  J’aime bien ce mot aussi qui permet aux indépendants de devenir de “meilleures personnes” et construire un business épanouissant sur le chemin.

Du coup ça prend plein de facettes différentes avec plein de formes comme les contenus, le séminaire que tu connais, les formations, l’espace communautaire. Et plein d’autres choses qui viennent derrière comme des challenges mais toujours avec cette vision de, comment on grandit sur tous nos domaines de vie et on comprend qu’ils sont tous interconnectés pour devenir une “meilleure personne”, grandir en tant que personne et faire en sorte que sur le chemin notre business se développe aussi”

MOI : “Je te rejoins, et du coup tu parles souvent de la gestion du temps. Par rapport à ça, tu dirait que ça impacte aussi ton bien-être, le fait de mal gérer son temps au quotidien, que ça influe dessus ?”

THOMAS : “Carrément, le spectre par lequel je prends ça c’est : on a des ressources dans notre vie, moi j’en vois 4 mais différentes personnes en voit plusieurs. Il y a : temps ; argent ; énergie et espace mental (nos pensées, nos idées, nos compétences). Et en gros ce que je me dis c’est que sur c’est 4 ressources là, la seule qui est en gros limitée, que l’on ne peut pas re-remplir c’est le temps.

On a tous une vie de à peu près 80-90 ans découpée en années, en mois, en semaines, en jours et quand on a dépensé ça on ne peut pas le re-remplir. L’argent quand on l’a dépensé 10€ on peut retrouver 10€. L’espace mental on peut dormir pour en retrouver. Et en gros, ma compréhension du monde c’est, quand tu investis tes ressources dans quelque chose c’est que ce quelque chose va se développer.

Si tu passes ton temps, ton énergie, ton argent, tes pensées à tout le temps réfléchir à ton activité pro, forcément ça va avancer dans le bon sens. Si tu t’investis dans ta relation avec un autre être humain, cette relation va grandir et se développer.

Et dans ce sens pour mener une vie comme on a envie de la mener et donc comme tu disais un lien avec notre bien-être, notre ressource temps, comme c’est celle qui est limitée, c’est hyper important de savoir comment on l’alloue pour que les choses qu’on veut voir grandir dans notre vie elles grandissent. Si on alloue tout notre temps à jouer au jeux vidéos forcément il n’y a que ça qui va grandir et on va devenir meilleur aux jeux vidéos et le reste ne va pas grandir.

Et en ce moment ça me parle beaucoup parce qu’une grande partie de notre temps va dans des endroits où on n’a pas choisi qu’elle aille. Les réseaux sociaux notamment parce que l’objectif d’un réseau social c’est de nous faire y passer le plus de temps possible et du coup on y met du temps sans forcément mettre de conscience sur, j’ai un temps limité et je choisis de le mettre à différents endroits.

T’as du voir, je pense, le poster avec chaque semaine représentée par un point que tu peux colorier. Y a des gens ça les stressent de ouf mais moi je me dis, en fait c’est tellement important d’avoir ce truc en face de toi pour prendre conscience de “ma vie elle passe là, qu’est-ce que je vais en faire ! “”

MOI : “Oui complètement. Et puis on parle beaucoup de priorité mais moi j’aime plus le côté essentiel des choses. Qu’est-ce qui est essentiel pour moi dans ma vie.

Est-ce que c’est uniquement propre à toi ? Est-ce que c’est lié à aux frères et soeurs, aux parents…ça rentre en ligne de compte et ça fait partie de la gestion du temps de se dire : est-ce que j’ai appelé mes parents, grands-parents pour prendre des nouvelles ?

Si à un moment donné on ne prend pas de recul par rapport à ça, la vie défile et on se retrouve à se dire : ah ben j’ai été focus sur un pilier de ma vie, les autres je n’y ai pas fait attention et maintenant je ne peux plus revenir en arrière. Donc je trouve que c’est primordial.”

THOMAS : “Grave. C’est une vraie question d’introspection en fait qui est propre à chacun. Je crois qu’on vit dans un monde où on nous dit tout le temps ce qu’on devrait faire et comment on devrait se comporter. Il y a beaucoup de normes sociétales qui disent, tu devrais faire ci, faire ça et ainsi de suite.

Un de nos vrais travaux quand on est indépendant et pour tout être humain d’ailleurs, c’est de réussir à s’affranchir des codes qui nous disent “comment je devrais vivre” pour revenir un espèce d’état de base où on peut choisir “voilà comment moi j’ai envie de vivre. Basé sur ça, où est-ce que, moi j’ai envie d’investir mon temps.

Et il y a des gens si ça se trouve qui ne veulent pas garder de liens avec leur famille et ceux ne sont pas des méchants, c’est vraiment le truc aligné avec eux, parce qu’ ils veulent être solitaire ou j’en sais rien.

Et faut qu’on accepte ça et qu’on se pose la question pour nous quoi, sans être dans la comparaison de ça. C’est-à-dire, c’est ce qu’on me dit qui est bien et il faudrait que je sois ceci. Revenir à un truc qu’on appelle “la référence interne”, genre être à l’intérieur de soi et se dire, ok, j’ai tel âge, j’ai temps de temps dans une journée, à quoi j’ai vraiment envie de l’allouer et de construire à partir de ça.”

MOI : “Oui c’est ça et c’est là où je trouve que le mot, indépendant a encore plus de force dans sa signification parce que là c’est toutes les facettes de sa vie. C’est à nous de faire nos propres choix sinon ceux sont les autres qui vont les faire à notre place.

Même inconsciemment car on va suivre leurs directives alors que ça ne nous correspond pas parce qu’on n’a pris le temps de se poser la question nous même : “qui on est ? qu’est-ce qu’on aime ? qu’est-ce qu’on veut ?”

THOMAS : “Grave. Et ce que tu touches du doigts là qui est hyper important, c’est, de réussir à créer un environnement et un espace où on peut avoir le pouvoir sur toutes ces choses.

Parce qu’il y a des cas dans nos vies et peut-être qu’il y a des gens qui te lisent qui te diront ben moi je ne peux pas vraiment choisir en fait parce que je suis salarié ou que j’ai x, y, z…et c’est là où je trouve que l’entrepreneuriat indépendant est une voie incroyable c’est que, ça nous donne l’entière flexibilité de construire cet environnement là.

Parce-que en correspondance avec l’entrepreneuriat de base déjà on n’a pas de salarié et notre business c’est nous, notre personne. Et on peut vraiment construire à partir d’une page blanche et imaginer tout ce qu’on veut pour gouverner comme on veut.

C’est là où c’est intéressant le côté en entrepreneuriat indépendant c’est que c’est à mon sens le vecteur et l’outil qu’on utilise pour construire l’environnement qu’il nous faut pour à partir de là se dire ok maintenant j’ai l’environnement idéal pour vraiment faire des choix selon ma conception de la vie.

Et choisir notre temps, notre zone géographique, nos contraintes. Et pour moi c’est ça la liberté, c’est entrer dans ce cercle vertueux.

Et je crois que la destination de toute entreprise indépendante c’est que tu as une activité professionnel qui te nourrit de toutes les ressources dont tu as as besoin et ça t’offre du temps libre au niveau où tu le veux, ça t’offre de l’argent, ça t’offre un espace mental nécessaire pour faire d’autres choses, ça t’offre de l’énergie.

Et ça te permet de contribuer encore plus aux gens autour de toi, autant tes clients que ta famille par exemple. Et que ça, ça permet d’apporter le meilleur de toi aux autres qui vont remplir tes ressources et là on est dans le cercle vertueux si tu veux.

Et le truc qui bloque la dedans souvent c’est le côté pro et le business qu’on se construit parce qu’on est entrain de courir après une ressource ou une autre, d’une part parce qu’on ne s’est pas poser la question et d’autre part parce que ce n’est pas nous qui gouvernons au départ.

MOI : “Oui et donc là si je fais la transition avec ton activité pro. On voit bien que ton bien-être va se refléter dans ton activité et ton activité va refléter ton bien-être, ça va toujours dans les 2 sens. Du coup si on prend 1 semaine d’un lundi matin au dimanche soir, pour ton bien -être et ton activité pro est-ce que tu cloisonnes en te disant, là je suis dans l’action et là je suis en repos. Comment toi tu t’organises pour te dire : “je suis à fond dans mon activité mais en même temps te dire je suis à fond pour prendre soin de moi et de ma santé ?”

THOMAS : “J’ai 2 moments qui sont importants pour moi dans la journée. Le 1er moment hyper important, c’est le moment où je me réveille. J’ai un sas avant de me mettre à faire quoi que ce soit d’autre. Dans ce sas il y a de la méditation, de la lecture, de l’écriture parfois mais c’est mieux quand il y en a et un temps de réflexion. Et ça clairement c’est un truc qui m’ancre hyper bien dans mon équilibre de vie.ça se passe en général très tôt le matin. Plus c’est tôt, mieux c’est pour moi si j’ai le sommeil qui va avec derrière.

Donc ça c’est hyper cool. Et ensuite j’aime beaucoup travailler le matin, toute la période entre 7/8h et 12h parce que je kiffe cette période où les gens dorment ou font autre chose. Et, c’est là où je suis le plus productif.

Et ensuite, de plus en plus, j’aime bien aussi être tranquille dans les soirées. Bon là avec l’hiver ça me saoule un peu parce que ce que je faisais jusqu’à maintenant c’est que j’allais courir en fin de journée et du coup maintenant il fait sombre très tôt et c’est trop tôt pour que j’arrête de travailler et que j’aille courir après. Donc ça remet ça un peu en cause.

Là, comme je vis en coloc, j’aime bien avoir ce temps de partage le soir où on fait des jeux de société, on joue à la guitare, on discute. Et vivre avec des gens et en communauté, ça me nourrit énormément.

Donc il y a un temps assez central en milieu de journée ou je travaille, mon activité pro qui m’épanouis, j’ai plein d’interactions, je fais que des choses que j’aime. Et il y a ce sas d’entrée du matin et ce sas de clôture le soir où je coupe les écrans, je lis au lit et je m’endors tôt genre 22h/22h30.

C’est donc à la journée et en fin de semaine, j’aime vraiment bien me déconnecter le week-end et ça ça me fait vraiment du bien de retomber dans un rythme plus chill ».

MOI : “Oui tu es en gros sur 5 jours plein taf et 2 jours plus pour toi pour te ressourcer et ré-attaquer la semaine d’après”

THOMAS : “Et tu vois c’est marrant parce qu’on se dit, je vais devenir indépendant parce que je ne vais pas me mettre dans un cycle de travail classique mais en vrai on retombe dedans quoi. On retombe à travailler du lundi au vendredi et après c’est le week-end. En soit c’est cool, ça ne me dérange pas, je trouve ça chouette et ça fonctionne bien pour moi.

Après y a forcément des jours où j’ai une motiv’ le dimanche et personne ne m’envoie de mail donc je suis 100% concentré et je travaille un peu plus, ça fait partie du jeu et je kiffe.

Ou quand j’ai des coups de fatigue et que je ne travaille pas. Là, mardi, par exemple j’étais fatigué et je n’ai rien fait de l’après-midi, j’ai regardé le film, les choristes”

MOI: “ ça c’est le grand point positif de pouvoir s’autoréguler, s’autogérer quand t’as un coup de mou, c’est top.

Et y a aussi le fait, quand tu dis qu’on est un peu calqué sur le modèle salarié, que si tu passes indépendant après x années en salariat on peut peut-être se dire instinctivement, quand on bosse c’est du lundi au vendredi et pas le week-end. Moi, si je prends mon cas quand j’étais salarié, j’ai toujours travaillé du lundi au samedi donc bosser le week-end ça ne me dérange pas.

Et après, c’est la société qui fonctionne comme ça car la majorité les activités sociales sont énormément le samedi et le dimanche donc automatiquement même quand tu es indépendant si tu te dis tiens il y a un truc à visiter ce week-end ou une soirée avec des amis salariés, il y a de grande chance que ça tombe entre le vendredi et le dimanche donc on se concentre sur le bulot la semaine pour se dire le week-end je suis off ».

THOMAS : “Ce qui est intéressant avec ce que tu as dit sur l’autorégulation c’est que, en fait, genre moi, je sais que j’ai une base à laquelle je me réfère dans les moments où j’en ai besoin. Par exemple, mon miracle morning et ces trucs comme ça. Je sais que c’est un truc auquel je reviens.

C’est pas un truc que je dois faire tout le temps et c’est absolument ce dont j’ai besoin. Je crois que je suis plus souvent en autorégulation, c’est-à-dire, comment je me sens en ce moment, de quoi j’ai besoin et je réponds à ça.

Et les moments ou ça va vraiment pas, où je suis un peu perdu, je reviens à un truc de base, c’est à dire, je clean, je nettoie dans mon environnement physique, je vire mon environnement digital genre je vais vider tous mes mails, ranger mon disque dur et toutes ces choses là. Et je reviens à mon rythme, je me couche super tôt, je me  lève super tôt, je fais mes trucs le matin et je sais que c’est comme si je revenais à la maison après avoir voyager un temps.

Je suis plus entrain de suivre ça, de vraiment sentir et capter comme je me sens, de quoi j’ai besoin et tout. Plutôt que de me dire il faut absolument que je me lève tous les matins à telle heure et c’est ok. Je pense que ça fait partie aussi de nos enjeux quand on est indépendant c’est construire une activité où tu as la liberté de faire comme ça”

MOI : “Oui, c’est important de s’écouter pour sa santé et c’est aussi important de s’écouter dans la façon de réaliser ses projets, ses missions. Si on veut les mener à bien, c’est sur que ça ne sert à rien de faire les choses quand on n’en a pas envie ou quand on sent qu’on n’a pas la force, le mental de le faire parce qu’on est hyper fatigué émotionnellement ou pas.

A ce moment là autant couper une journée entière dans la semaine et quitte à reporter les tâches à faire le samedi ou dimanche. Au moins quand on bosse, on est toujours positif donc on bosse bien et on avance beaucoup mieux comme ça. ”

THOMAS : “Ouais et du coup, ça me fait penser à un truc sur le sujet que tu traites, les habitudes c’est qu’il n’existe pas une habitude qui soit intrinsèquement une bonne habitude à mon sens, à part les habitudes sur notre santé, type les habitudes du genre se lever tôt, faire un miracle morning.

En vrai, on ne devient pas un meilleur être humain juste en faisant ça. Pour moi c’est à chaque fois : quels sont mes besoins, quelle est la direction dans laquelle je vais et comment je mets en place des habitudes qui soutiennent le fait de remplir mes besoins et mes ressources et aussi d’avancer dans la direction dans laquelle j’ai envie d’avancer. Les habitudes de base pour notre santé sont incontournables. Donc différencier les habitudes qui nourrissent nos ressources et celles qui nourrissent nos objectifs.

Je sais que moi j’ai eu beaucoup l’habitude de travailler de manière intensive. Je me suis aussi beaucoup conditionné comme ça à force et c’est au service de mes habitudes mais je dois avoir d’autres habitudes à côté pour me donner les ressources et l’énergie et tout ça pour contribuer à mes objectifs pro et c’est un cercle quoi”.

MOI : “Oui complètement”

THOMAS : “D’où le fait que je fasse un accompagnement avec toi aussi parce que je sais que pour atteindre mes aspirations et travailler comme je sais que je dois travailler pour les indépendants je dois aussi rééquilibrer la balance de l’autre côté et tu ne peux pas juste bosser sans prendre soin du reste »

MOI :Ah oui carrément car sinon ton objectif tu n’arrives pas à l’atteindre. Tu peux avoir de bonnes habitudes pour atteindre ton objectif et si à côté tu as des habitudes qui altèrent ta santé et par exemple tu arrives au burn out avec un surmenage intellectuel, tu auras beau tout mettre en oeuvre pour y arriver, ça passera pas car les 2 côtés sont liés. ça fait un cercle comme tu dis.

Toute à l’heure tu parlais de jeux vidéos qui peuvent être un loisir. Pour toi ton activité loisir principale, c’est le sport. Bon là évidemment c’est en arrêt avec le covid. Admettons qu’on ne soit dans ce contexte, est-ce que pour toi le sport a une influence sur ton activité pro ?”

THOMAS : “Oui car en ce moment du coup mes loisirs c’est plutôt des loisirs créatifs.

Mais ouais en temps normal, c’est plus sport, surtout depuis que j’ai repris le foot.

Ce que j’ai adoré quand j’ai repris le foot c’est que ça cadre ma semaine autour d’autre chose que le travail dans le sens où…les seuls trucs fixes dans ma semaine c’est : t’as un entraînement mardi soir, t’as un entraînement vendredi soir et t’as un match le dimanche. C’est la base, le truc obligatoire et je m’organise autour.

Alors que depuis 5/6 ans la base c’était, t’as ton travail, t’as tes trucs à rendre pour tes clients et tu t’organises autour de ça, ça change, ça fait tellement du bien quoi. Parce que c’est un espace où tu investis ton temps, tes ressources et ton attention.

Et je me suis retrouvé genre des fois dans les journées où je travaille, mes pensées allaient vers optimiser mes performances dans le sport, au foot et tout alors que normalement les pensées elles vont toujours vers le travail et ça, ça fait trop du bien car ça rééquilibre les choses.

Et j’ai plus d’espace dans le taf aussi parce que je ne suis pas tout le temps dedans. Et quand je fais ce sport là à côté, je suis tellement focalisé et concentré. Dans les sports co tu ne gamberges sur rien, ta tête elle ne tourne pas, elle est juste dans le moment présent. Et ça, j’adore, les pratiques qui t’ancrent dans le moment présent. Parce que t’es là, tu fais ton truc, et t’es pas en train de penser à : “ah, demain j’ai ça et machin… ”

MOI : “Et du coup t’as l’impression aussi que le sport ça t’apporte tout ce qui est, détermination, augmenter ta mémorisation si tu veux ingurgiter pas mal de bouquins, d’infos ou de concepts que tu voudrais allouer ensuite dans ton activité ?”

THOMAS : “Le lien que je vois, très clair et auquel je me frotte plus dans le sport que dans le business parce que dans le business c’est plus facile pour moi, c’est dépasser ses limites.

Tu vois genre surtout quand tu vas courir, t’as l’impression que ça va pas, j’en peu plus, je suis au bout. Et moi j’adore aller me frotter à cet espace et me dire, ok, tu continues et là tu te rencontres que tu as beaucoup plus de ressources auxquelles tu ne croyais pas.J’adore faire ce lien là avec le sport parce que tu le vis.

Et dans le business c’est le cas aussi quand tu as l’impression d’être en dehors de ta zone de confort et que tu sors, et que c’est trop, et que tu n’y arrives plus. En fait, derrière il y a un niveau de ressources auquel on peut encore accéder. Je pense que ça on n’en prend conscience dans le sport parce que c’est corporel, on le ressent. C’est ça le 1er lien que je vois.”

MOI : “Carrément, je te rejoins, moi où je le ressentais c’était, à l’époque je faisais beaucoup de Volley ball en compétition, en équipe donc. Et y a toujours ce moment où tu es dans un match décisif et tu te dis : “non mais là on est en train de perdre le set, c’est pas possible!”. Et tu sais pas comment, mais, tu as une ressource interne qui te dit si tu arrives à créer une émulation entre coéquipiers on peut redresser la barre et là bingo ! tu y vas et derrière tu gagnes le set et c’est énorme.

Et dans le boulot justement quand t’as une épreuve à passer, le fait de se rappeler que pendant un match de Volley on était au pied du mur, c’était quasi perdu et puis non quoi ! Rien que d’y repenser ça te redonne un coup dans ton activité”

THOMAS : c’est clair, c’est ouf ! Les émotions que tu ressens dans le sport c’est incroyable. Y a un match de foot qu’on a eu en début de saison et c’était vraiment serré et on n’avait pas de chance et tout ce qu’on essayait ça ne marchait pas. Et on marque le but de la victoire genre 2 minutes avant la fin alors que c’est une journée où il avait plu de fou. Et quand ça siffle à la fin et que tu as gagné, la décharge est incroyable.

C’est un peu ce que j’ai vécu avec Inside Freelancing à la fin genre t’as fini et tu vois ce que ça apporte aux gens, et t’as une décharge émotionnelle.Tu t’es donné pendant 10 jours, t’es comme un fou mais regarde ce que ça a apporté. Clairement ça a un lien intéressant avec les émotions ET surtout dans le sport co j’ai l’impression.

MOI : “Oui et on peut plus l’exprimer dans le sport parce qu’à la fin tu cris sur le terrain. Je ne crie pas quand j’arrive à faire un truc au boulot alors que sur un terrain de sport c’est expressif. Et tu sens que c’est communicatif avec tes coéquipiers donc ça démultiplie ces bonnes sensations que tu peux avoir. Dans ton boulot si t’es tout seul tu ne peux pas l’exprimer de la même manière !

Dans le sport on parle beaucoup d’alimentation alors je fais la transition sur ton alimentation. Pour toi est-ce que c’est important de savoir bien manger équilibré pour avoir une forme au quotidien. Même si je sais la réponse bien sûr mais pour les abonnés qui te liront”.

THOMAS : “Oui tu connais la réponse comme on travaille ensemble.

Evidemment que oui, surtout que je suis végétarien où ça demande une autre dynamique en plus.

En fait ce que je me dis sur ça c’est…on parlait de notre temps de vie toute à l’heure et de notre ressource temps. Y a des moyens de l’allonger un peu ou du moins de faire en sorte que toutes ces années de cette ressource temps soient exploitables au même niveau. Et clairement j’ai aucune envie d’être le vieux papy qui peut plus rien faire, qui n’a plus d’énergie. Moi j’ai envie d’être le papy de 80 ans qui fait de putain de randos dans les montagnes qui durent 6 heures.

Et je sais que pour ça, ça commence maintenant en prenant soin de mon corps. J’ai envie de le faire encore mieux que je ne le fais déjà et je suis sur la bonne voie je pense par rapport à d’autres personnes. Mais c’est indispensable quoi.

Et je sais en plus que genre avec tout ce que je fais là, si je me projette dans 50 ans, la sagesse que j’aurai des 50 années qui sont passées, je ferai des projets incroyables à ce moment-là. Et j’ai envie de pouvoir les faire, j’ai pas envie d’être allité et de galérer. Et pour ça ça passe par tout ce qui touche à mon corps : l’alimentation, le sport, l’hydratation, les produits que j’utilise et qui sont au contact de ma peau, tout ça.

MOI : “Et cette prise de conscience tu dirais que tu l’as toujours eu parce que dans ta famille, tes parents, tes grands parents te l’avaient inculqué ou bien c’est toi-même qui en as pris conscience en parlant avec des gens, en lisant des bouquins, ou en regardant des documentaires?”

THOMAS : “C’est une très bonne question. Je ne l’ai pas toujours eu c’est sûr. Parce que comme beaucoup de personnes dans notre jeunesse je me suis mis d’énormes cuitasses, j’ai fait plein de trucs à la con comme ça.

Je pense que c’est peut-être lié avec la mort de mon père quand tu te rends compte que la vie s’arrête du jour au lendemain parce que leur corps les en empêche. Tu te dis en fait ben je ne veux pas ça quoi.

Déjà qu’on a des limites physiques à 26 ans si je laisse ça s’empirer, putain mes dernières années de ma vie je vais détester quoi donc j’ai pas envie que mon corps me frustre et m’empêche de faire ce que j’ai envie de faire.

En vrai je me dis : si je peux faire des trucs qui peuvent mettre toutes les chances de mon côté de kiffer ma vie le plus longtemps possible, genre je serai débile de ne pas le faire.”

MOI : “Après y a aussi le côté où des personnes vont dire moi je profite à fond alors elles sont systématiquement dans l’excès avec des comportements qui sont néfastes pour leur santé, sans en avoir forcément conscience”.

THOMAS : “Et ça rejoint un truc dans l’entrepreneuriat qui est vrai aussi c’est que, les vrais avantages de tous nos comportements ils se trouvent à long terme et c’est hyper difficile de voir à long terme. C’est difficile de se dire, je fais un truc aujourd’hui pour plus tard.”

MOI : “Et pour récupérer, notre corps et notre esprit ont besoin d’un sommeil récupérateur. Est-ce que toi, tu dirais que tu es plutôt, “petit dormeur”, “gros dormeur”, que tu dors “bien” ou “mal” ?

THOMAS : “Je dors hyper bien. La plupart du temps, à 90% je me fous au lit et je dors. Déjà, j’ai conscience que c’est super pouvoir et que j’ai beaucoup de chance. Et après je me réveille naturellement le matin. ET je dors mes 8 heures toutes les nuits. Jamais d’insomnies.”

MOI : “Et tu n’as jamais, car beaucoup d’indépendants ont ça, la situation où tu vas te coucher et ton cerveau ne se déconnecte pas parce que t’as une idée ou un truc en tête ?”

THOMAS : “ça arrive mais ce n’est pas ma norme. Ma norme c’est, j’ai tout donné sur ma journée et pouf je dors. Et la lecture c’est ça aussi, je déconnecte.

En ce moment, le soir je lis, “le parfum” c’est un roman qui est à côté de mon lit. Mais il n’avance pas et ce n’est pas un bouquin qui est fait pour avancer. C’est un bouquin qui est fait pour que je lise 2 pages et après, je m’endors parce que ça me perce.”

MOI : “Et c’est aussi parce que en soirée tu sais te déconnecter, te faire un temps “pause mentale”.

THOMAS : “évidemment et mon téléphone ne rentre plus dans ma chambre par exemple. A partir du moment où il fait nuit, mon téléphone reste en bas et ne monte même pas à l’étage. Et ça, ça joue énormément, parce que je ne scrolle pas dans mon lit le soir ni le matin. C’est hyper important”.

MOI : “Clairement, et du coup on parle aussi beaucoup des montagnes russes émotionnelles. Et je me souviens que l’autre jour, quelqu’un avait mis un post dans la communauté en parlant des angoisses et de l’anxiété. Et toi tu disais que tu n’aies pas sujet à ça parce que tu as cette capacité d’être ancré dans le moment présent.

Mais du coup même si tu n’es pas en surcroît d’émotions négatives, tu peux être en surcroît d’émotions positives. Parce que tu fais pleinement ce que tu aimes et ça peut donc être une montagne émotionnelle 100% positive où tu peux être emportée. Donc je me demande si tu penses être dans ce tempérament là ou pas ?

THOMAS : “Intéressant comme question. Je pense qu’il y a 2 clés de lecture :

-le sujet du reframing qui est important pour moi avec les trucs difficiles que j’ai vécu dans ma vie. ça fait que inconsciemment je relativise tout et du coup j’ai une sorte de calme dans toutes les situations.

-Et je pense que ma pratique de la méditation aide aussi pour ça. Ce n’est pas que les choses n’arrivent pas, c’est que j’en prends conscience et ça m’apaise.

Je donne un exemple, dans la newsletter de ce matin, j’ai eu un retour de client en mode “ce que je lui ai livré ça manquait de truc concret pour qu’il puisse le mettre en place.

Quand tu lis ça la première fois, ta un petit shoot émotionnel. Et j’arrive à le voir en me disant, tiens, un shoot émotionnel, qu’est-ce que j’en fais ? mais je ne le suis pas, je ne pars pas avec tu vois.

Dans le négatif, je sens que je ne le vis pas parce que juste je vois les trucs me traverser et ça repart.

Et après les trucs positifs, il y a bien sûr des émotions fortes notamment dans les évènements ou quand quelqu’un partage un truc de ouf, je ressors bien émotionnellement chargé de ce truc. Mais c’est souvent de la gratitude ou ce genre de chose tu vois. Et à mon sens je me dis quel kiffe de vivre ce genre de chose et de les vivre pleinement etc… Mais je ne les vis pas comme une drogue car je pense qu’on peut devenir accro et aller les chercher comme la dopamine des réseaux sociaux par exemple et même si il y une part de moi qui est encore la dedans.

Je sens que c’est de moins en moins le cas et que je suis de plus en plus dans les mouvements un peu spirituels. Dans ces mouvements ils parlent “d’équanimity”, ça veut dire que t’es dans une posture d’ancrage et d’apaisement où ni le positif, ni le négatif ne te fais trop osciller. T’es là et quand quelqu’un te dit “wahou c’est ouf t’as changé ma vie”, et  tu te dis “ah ok, cool je suis content pour toi”.

MOI : “Oui tu as cette capacité à être spectateur d’une émotion négative pour ne pas la subir et que ça baisse ton énergie et en même temps être dans ton émotion quand elle est positive sans pour autant te dire qu’elle m’emporte parce que tu continues ton chemin. Et donc je me nourris de ça pour pouvoir continuer mon chemin avec”.

THOMAS : “Grave, c’est un travail que je fais et qui porte ses fruits mais pas dans tous mes domaines de vie mais dans la partie pro, clairement je le ressens.”

MOI : “Et ça c’est hyper important je trouve pour avoir de la clarté mentale au niveau pro particulièrement dans les décisions à prendre comme, où tu veux aller, ce que tu veux faire”.

THOMAS : “C’est toujours cette phrase que j’adore et qui revient qui dit :”notre pouvoir se trouve dans l’espace entre la stimulation et la réaction. Il se passe un truc, je suis stimulé, je dois créer un espace nécessaire pour observer cette stimulation et ensuite réagir quand j’ai pris l’espace de le faire. Parce que si il n’y a pas d’espace ben c’est impulsif en fait. Et c’est pas là où tu as vraiment le contrôle en plus.”

MOI : “Et du coup pour conclure est-ce que tu aurais quelque chose dans ton quotidien, pro, perso, loisirs, à partager à mes abonnés où tu te dis, ça, ça me fait vraiment du bien donc je ne peux pas le lâcher. c’est indispensable à mon bien-être.”

THOMAS : “Les pratiques méditatives. Donc ça peut être méditer, marcher, courir, écrire dans un journal. Juste en fait se tourner vers soi-même, comment je vais, qu’est-ce que je vis. Et c’est une pratique qu’on fait avec les personnes avec qui je vis, c’est une météo émotionnelle et chacun met vraiment sur la table comment il se sent.

Clairement pour moi c’est la base de tout. Tout être humain devrait avoir une pratique qui lui permette de faire ça. Peu importe la pratique parce qu’il y en a plein mais d’être dans cette analyse de soi-même, de ses émotions, de ce qu’on vit, de ce qu’on traverse pour poser ça et pas juste que ça tourne en boucle dans notre tête tout seul”.

MOI : “Ok super, merci beaucoup Thomas pour tous tes partages”.

Si tu veux suivre Thomas, et même le contacter voici différents liens :

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Et voilà, c’est déjà la fin de cette lettre interview. 

A très vite pour une nouvelle interview 😉